Appelée
encore " prothèse mobile " ou " appareil ", la prothèse
amovible a pour vocation de remplacer les dents manquantes lorsque les solutions
de remplacement par prothèse fixe sont irréalisables techniquement ou lorsque
leur coût est jugé trop important.
La
prothèse amovible est soit partielle lorsqu'elle remplace une partie des dents
d'une arcade, soit complète lorsqu'elle remplace toutes les dents d'une arcade.
Dans le premier cas, son châssis est le plus souvent métallique, dans le
second cas, il est en résine. Dans les deux cas, elle occupe un volume bien
supérieur aux seules dents remplacées, ce qui la rend moins confortable qu'une
prothèse fixe équivalente. Cette sensation d'inconfort, ajoutée à son
caractère amovible et à son aspect esthétique de moindre qualité en font une
solution de plus en plus écartée par les patients lorsque d'autres
alternatives sont possibles. Au demeurant, cette prothèse rend de nombreux
services et son coût abordable lui assure encore un certain avenir.
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La
tenue d'une prothèse amovible est liée à de nombreux facteurs et est donc
variable d'un patient à l'autre. Parmi ces facteurs, on note la configuration
anatomique des arcades, la valeur et le nombre de dents encore présentes,
l'occlusion, la morphologie du patient, etc. Il existe des artifices
prothétiques pour améliorer cette tenue lorsqu'elle est moyenne ou faible ; il
s'agit des attachements évoqués dans la section précédente.
De
manière générale certaines règles et principes s'appliquent aux porteurs
d'appareils dentaires :
- Eviter
les aliments collants risquant de déstabiliser la prothèse, ainsi que les
aliments trop durs risquant de blesser la gencive.
- Conserver
l'appareil en bouche jour et nuit, de façon à stimuler l'os de la mâchoire en
permanence et éviter sa fonte trop rapide.
- Nettoyer
l'appareil, si possible après chaque repas avec une brosse à dents.
- Ne
pas chercher à remettre son ancien appareil après la pose d'un appareil neuf,
sous prétexte que l'ancien appareil était mieux toléré. Il faut un certain
délai pour que le cerveau accepte la nouvelle prothèse et prenne de nouveaux
repères spatiaux. Choisir la solution de facilité serait agir contre ses
propres intérêts à terme.
- Consulter
le Chirurgien Dentiste dès l'apparition de la moindre blessure (l'os et la
gencive sont en remaniement permanent et les bords de la prothèse peuvent
devenir traumatisants au bout d'un certain temps, car devenus trop longs). La
plupart du temps, un simple meulage de ces rebords suffit pour que le port de la
prothèse redevienne indolore.
- Les
défauts de langue ou les blessures souvent observés juste après la pose d'un
appareil amovible sont le plus souvent transitoires. Pendant cette période, il
faut faire preuve de patience et de persévérance et ne pas céder à la
tentation de mettre définitivement son appareil dans un tiroir.
- Au
bout de 8 à 10 ans, les transformations subies par l'os et la gencive sont
telles, que l'appareil a beaucoup perdu en adaptation et en tenue. Par ailleurs,
les dents de l'appareil, la plupart du temps composées de résine, se sont
usées. Même si l'habitude s'est installée, il vaut mieux envisager de refaire
une nouvelle prothèse, qui grâce à une meilleure stabilité, préservera
beaucoup plus les tissus de soutien.
Les
étapes pour parvenir au résultat final sont nombreuses et commencent par une
prise d'empreintes. Avec ce type de prothèse, de multiples réglages sont
nécessaires avant d'obtenir une solution acceptable physiologiquement,
phonétiquement et esthétiquement. Parmi tous les actes réalisés au cabinet,
c'est probablement l'une des spécialités soumise aux aléas les plus nombreux.
La réalisation d'une prothèse complète de la mâchoire inférieure constitue
pour la majorité des Chirurgiens Dentistes une sorte de "bête noire", tant les problèmes d'adaptation, de blessures et de tenue sont
fréquents. De plus en plus, les patients ayant besoin de ce genre de prothèse
sont orientés vers des solutions plus globales, intégrant la mise en place
d'implants, permettant de réduire ces inconvénients.
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